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La Légende du Comptoir des Animaux : entrez dans le mythe
Laissez de côté le monde réel et les discours corporate prévisibles. Ici, on ne vous parlera pas de business plan ou d'études de marché. Le Comptoir des Animaux d’Orchies possède son propre folklore, une fable suspendue entre le rêve et la réalité qui se transmet à l'abri des regards.
Pourquoi les animaux s'y pressent-ils vraiment ? Quels secrets cachent les fondations de notre Comptoir ? Nous avons consigné cette pure fiction – notre mythologie maison – dans les lignes qui suivent. Que vous soyez un grand enfant, un amoureux des belles histoires ou simplement curieux de découvrir la part de magie que nous insufflons dans notre quotidien, poussez la porte de notre imaginaire. Prenez le temps de lire cette légende... elle contient peut-être plus de vérités qu'on ne le croit.
La Légende du Comptoir des Animaux
Il y a de nombreux millénaires, lorsque l’animal remit sa confiance à l’homme, il découvrit la joie de ne plus avoir à gâcher son énergie et risquer sa vie pour pouvoir manger chaque jour. En effet, il ne lui suffisait que de répondre à quelques besoins de cet étrange bipède sans poil afin que celui-ci lui fournisse graines, fruits et restes alimentaires. Et pourtant : avoir le ventre plein ne signifie pas forcément avoir bien mangé…
Le loup en fût le premier impacté : renommé “chien”, ce carnivore, habitué des repas carnés, se sentait faible, fatigué, usé. Ses muscles s’étaient atrophiés, son timbre de voix avait changé et on lui avait confié comme charge de surveiller les animaux qui aurait fait une excellente alimentation par le passé alors qu'elle était désormais destinée à nourrir les humains. Lui qui, auparavant, pouvait parcourir des centaines de kilomètres pour chercher de la nourriture savait qu'il était devenu dépendant d'un système qu'il ne pouvait plus quitter sans risquer la mort. En effet, il n'avait plus la condition physique ou, simplement, le courage lui permettant de chasser par lui même.
“- Je m’y habituerai, disait le chien. Je n’ai plus besoin d’autant d’endurance car, maintenant, je peux dormir près du feu.”
Le cheval, quant à lui, travaillait la terre et tirait de lourdes charges en échange d'un mélange de quelques graines et d'herbes séchées journalières. Malheureusement, ce régime alimentaire ne semblait que peu lui convenir. En effet, il avait régulièrement mal au ventre mais, “heureusement”, pensait-il, il pouvait profiter de son jour de congé pour aller paître au pré que l'homme lui mettait à disposition. Cela lui permettait de jouer et se régaler.
“- Vivement le prochain sabbat, pensait le cheval, j’en profiterai pour faire une sieste près du grand arbre.”
Le lapin était, quant à lui, nourri comme un dieu : herbe de qualité, légumes, grain… Il se sentait le roi des animaux mais, pourtant, ne s’en sortait guère mieux : il était devenu lui-même le repas de l’homme ! Enfermé dans des clapiers, il n’avait aucun espoir de s’en sortir vivant et se savait condamné.
“- Il vaut mieux une courte vie d'opulence qu’une longue vie de misère !” répondait le lapin si on le questionnait sur sa drôle de condition.
Mais le lagomorphe n’était pas le seul à vivre cloisonné par l’homme. Peu enclin à cette promiscuité, l’oiseau fût enfermé dans de belles cages dorées. Troubadour du roi homme : il chantait quotidiennement contre quelques graines.
“- Les hommes m’aiment et m’admirent pour ce que je suis, c’est une véritable vie d’artiste.” disait l’oiseau.
Certains oiseaux, moins gracieux et plus gros, furent cloués au sol et gavés par certaines méthodes parfois ignobles et douloureuses. Ceux-ci furent alors enfermés dans des poulaillers, voués à manger sans cesse afin de pondre ou de finir à la marmite.
“- Je sais que cette condition est mauvaise pour la santé, disait la poule en picorant, mais je ne saurais pas me passer des graines avec lesquelles me nourrissent les hommes.”
Endolorie dans une prairie entourée de clôture, la chèvre n’en pouvait plus : le mélange de nourriture qu’elle avait dans sa mangeoire provoquait en elle une lactation abondante. A tel point qu’elle en ait mal aux pis si l’homme ne la trayait pas quotidiennement.
“- J’ai besoin de l’homme car il est le seul à pouvoir me traire quand je n’ai pas de chevreau. Comment ferais-je sans lui ?” questionnait la chèvre
Son cousin le mouton ne s’en sortait guère mieux : sélectionné avec soin par l'humain pour sa toison, il risquait de finir étouffé par sa propre laine si l’homme ne le tondait pas régulièrement. Celle-ci était certes confortable et douce mais également lourde à porter et empêchait un déplacement optimal qui l'handicaperait s'il avait du fuir un prédateur.
“- L’homme est indispensable pour ma survie, c'est lui qui me sauvera de ma propre laine.” pensait-il
Enfin, le chat n’en avait que faire. Il aimait se lover dans les sièges de tissus près de la cheminée et profitait de l’appétence des souris pour le blé afin de leur tomber dessus facilement pour s’en repaître. Et pourtant, le jour où l’homme trouva des méthodes plus efficientes pour éradiquer les rongeurs, le chat se retrouva au même rang que tous les animaux, avec comme seuls repas : d'infâmes mets juste bons à vomir sur les draps.
“- Allons voir si le voisin pourrait me proposer quelque chose de meilleur.”, Décida le chat avant d’être déçu.
Ainsi, lorsque les animaux se retrouvaient, la nuit tombée, pour discuter ; tous se plaignaient des piètres conditions servis par l’homme et des inconvenances que cela engendrait. Pourtant aucun d’entre eux n’envisageait la fin de sa collaboration avec l’homme qui, malgré cela, leur offrait un bien meilleur confort de vie que la nature sauvage.
Las de cette situation, le cochon alla voir les fleurs pour leur demander une solution :
“- Nourris toi des rayons du soleil, capte leur chaleur et tu seras rassasié “, lui répondirent-elles.
Alors le porc s'allongea au milieu du champ et prit un bon bain de soleil. C'était, certes , très confortable mais, malheureusement, après quelques heures de bronzette, il fut réveillé par une grosse fringale et comprit que cette solution ne lui correspondait pas.
Pendant ce temps, alors qu'il chassait au courant des terriers, le furet rencontra le vers de terre :
“- Tu peux trouver tous les nutriments nécessaires dans la terre : les micro-organismes qui s'y trouvent sont très riches et me permettent d'être en pleine forme !”
Le mustélidé s'y essaya. Cependant, il eut surtout le ventre lourd et du sable dans les dents. Il se jura de ne plus jamais recommencer et n'en devint que plus malin.
De son côté, l'âne parti gravir la montagne afin d'y trouver l'antre du dragon. Couché sur sa montagne de richesses, le légendaire animal lui donna ce conseil :
“- Dévore les hommes ! Leur chair est un véritable régal et leur sang est très nourrissant.”
Alors l'âne revient à son village et mordit le premier homme qui vint le caresser. Il serra ses dents si fort, qu'il s'en fit mal à la mâchoire mais, jamais, ses dents ne déchirèrent le moindre bout de viande. Ainsi, en plus d'avoir un goût infecte dans la bouche, il fut puni par l'homme dont il avait essayé de goûter le cuir.
Seulement, un matin, une cabane fut construite entre les champs de blé et une carrière où les hommes extrayaient sable et pierres pour la construction de leurs habitations.
Faite tantôt de planches et tantôt de branches feuillues, un tapis de mousse verte en recouvrait le sol tandis que, posées sur des souches de bois, de grandes tours de sacs en jutes marqués du nom de l’animal auquel il était destiné contenaient des repas adaptés pour chaque bête. Non pas les aliments habituels qui donnaient mal au ventre des animaux, mais plutôt ce genre de cuisine à la recette travaillée qui apporte tous les nutriments qui permettent d’avoir des forces et de vivre mieux, dans de meilleures conditions. Curieux, le chien fut le premier à y rentrer. Il y fut accueilli avec le sourire et pu profiter de l'expertise d'êtres bienveillants qui l’aidèrent à mieux se nourrir convenablement. Cela lui permit de vivre plus vieux et en meilleure santé, sans douleurs articulaires ou selles collées au derrière.
Voyant cela, tous les animaux comprirent que de bons repas permettent d'avoir une bonne santé et beaucoup d'énergie pour affronter la journée sans fatigue ou difficultés.
C’est ainsi que, au fil des voix qui parlaient de l’endroit, chaque animal retrouva petit à petit une meilleure condition physique, mentale et, surtout, morale : c'en était fini des maux de ventre, des soucis de digestion, de l’obésité handicapante, des problèmes articulaires, du manque de concentration ou de tout autre effet néfaste pouvant être causés par une mauvaise alimentation.
Finalement, nul ne se rappelle vraiment qui en était le tenancier et personne ne pourrait, même, se remémorer s’il s’agissait d’un humain ou d’un animal. Ce dont on se souvient le mieux de cette échoppe, c'est que, sur une enseigne de bois, placée au-dessus de son entrée, elle arborait un court adage sur lequel il était écrit : “Le comptoir des animaux”.
Cette histoire a été écrite sans intelligence artificielle et avec coeur par Maxence Harrissart.
La relecture a été assurée par des humains adorables : Gaëlle, Jean-Marie, Sylvia, Morgane, Nicolas, Florentin, Emmanuel, Lexy et Sasha.
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